Expo dans la cours de l'église PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Dimanche, 24 Janvier 2010 17:53

EXPOSITION DE JACKY COVILLE

Abbaye d’Arthous



Coville est un homme discret, aimable, généreux, sympathique en somme mais qui recèle malgré tout une certaine violence qu’il exprime à travers son travail. Coville est un travailleur acharné, surpassant souvent ses forces, en lutte permanente contre les difficultés, un acrobate de la technique, il ne connaît pas la mesure, aimant se lancer des défis et en triompher.

Ingénieur en aéronautique, coureur cycliste, boxeur, bâtisseur, peintre, céramiste, que n’a-t-il pas touché… La céramique, où il excellait, l’a conduit à la sculpture et l’imagination a pris le pouvoir.

Depuis, il voyage et rêve dans ses œuvres très réalistes, peuplées d’un bestiaire et d’une foule de personnages aux fortes couleurs crues d’où s’exhale souvent une sensualité provocatrice.

Son travail nous apparaît comme l’expression d’une souffrance intérieure, des cris de silence

exprimés par des rictus et des yeux exorbités. Derrière ses personnages, certes, des histoires, forcément… Quelles sont-elles ? Histoires de légendes, de rencontres, de rêves, tragédies ou comédies. Ses personnages sont figés dans l’instant, figés comme ces hommes de Pompéi enrobés de lave…

Anges ou Démons, voici le thème de l’exposition. Frères ennemis, cela nous y fait penser, les démons ne sont-ils pas des anges ayant mal tourné ? Des traitres ces ex-anges ! Ils ont sombré dans la dissidence !



Reflets contemporains de notre culture ancestrale, ils occupent la cour de l’abbaye d’Arthous, gardant l’esprit des sculpteurs bâtisseurs de cathédrales avec leurs séraphins, leurs chérubins, leurs saints et diablotins, dragons et moinillons, quelquefois bienheureux, quelquefois torturés par les légions de Satan le jour du jugement dernier. Il fallait bien faire peur au peuple illettré par des sculptures caricaturales racontant les misères qui l’attendaient dans l’au-delà s’il sortait des sentiers battus, comme racontent aussi ces "bandes dessinées" que sont les vitraux des églises. On accédait au bonheur dans la mort par la souffrance sur terre, pour le bien être des possédants. Tout cela est encore, hélas, d’actualité…

Ces personnages de Coville sont des combattants, des gardiens du paradis et de l’enfer, rigoureux, durs, secs, aux formes géométriques, aux couleurs primaires vives. S’il n’y a point d’humour dans leurs fonctions, leur auteur en a, lui.

Michel Gardelle





Exposition dans la cour de l’abbaye d’Arthous
du                               au

Mise à jour le Dimanche, 07 Février 2010 20:24